Le bien-être, c'est bien plus que du bonheur

Posté le 23 nov. 2017 par Dr. Martin Boult, Directeur principal des services professionnels et de la formation internationale, Psychologue chez CPP

La recherche le démontre de plus en plus : notre bien-être – souvent appelé « bonheur », bien que ce ne soit pas exactement la même chose – a une influence sur la qualité de vie, y compris la santé, les relations, la performance au travail, la créativité, la collaboration et le revenu.

Atout pour les salariés et l'organisation, les vertus du bien-être en entreprise sont nombreuses. Voici quelques astuces pour l'installer...

S’épanouir avec le modèle PERMA

Le modèle PERMA, constitue un des modèles les plus aboutis en la matière. Développé par Martin Seligman, il repose sur l’idée que le bien-être positif, ou « l’épanouissement » est bien plus que du bonheur et comprend les dimensions suivantes :

Le psychologue Edward Diener, chercheur de renom dans le domaine du bien-être subjectif, considère que le bien-être a un impact positif sur la performance d’une organisation :

"Lorsque les employés sont heureux et aiment leur travail, ils ont tendance à travailler plus dur et plus efficacement. Les entreprises dont les employés affichent un haut niveau de satisfaction au travail sont plus productives. Leur niveau de turn-over est plus bas et leurs clients sont plus fidèles… On a constaté que la valeur en bourse des sociétés dont les employés sont heureux ont augmenté avec le temps, comparé aux sociétés dont les employés sont moins heureux, toute autre variable égale par ailleurs. Ainsi, même si un employeur ne s’intéresse qu’au profit et que le bien-être n’est pas son objectif, les employeurs devraient prendre en compte le bien-être subjectif des employés car il peut contribuer aux résultats financiers d’une entreprise… Il n’est donc pas surprenant que les gens heureux tendent à mieux gagner leur vie."

(Diener et Tay, Report of the Well-being Working Group, Royal Government of Bhutan: Report to the United Nations General Assembly, 2012, p. 10)

La personnalité et la culture ont-elles une influence sur notre bien-être ?

Bien que personnalité et culture aient fait l’objet de nombreuses recherches par des psychologues spécialisés dans les organisations, l’étude de l’interaction entre personnalité, culture et bien-être n’a jamais été aussi loin à ce jour.

Recherche mondiale et astuces pour le bien-être

Une étude menée par The Myers-Briggs Company à travers différents pays du monde explore le bien-être et le lien qu’il peut avoir avec la personnalité (type MBTI) et la culture (situation géographique).

Bien que la recherche soit toujours en cours, voici trois constats issus de nos premières découvertes, qui vous aideront à améliorer le bien-être de vos employés. Nous partagerons également dans nos prochains articles, de nouveaux éléments qui pourront être utiles à votre organisation.

Améliorer la connaissance de soi et les relations interpersonnelles

Comme le souligne l’étude, selon les types de personnalité, certaines activités vont avoir plus d’impact que d’autres pour améliorer leur bien-être. Par exemple, certains types de personnalité ont déclaré que s’impliquer au travail était efficace, tandis que d’autres estiment que le temps passé avec leur famille et leurs amis contribue davantage à leur bien-être. Connaître à la fois son type de personnalité et celui des autres, permet d’être acteur de son bien-être et choisir des activités qui y contribuent le plus. Comprendre les différents types de personnalité aide à assurer le bien-être des différentes personnes au sein de votre organisation.

L’étude a également fait ressortir que les relations d’entraide et de soutien (le R du modèle PERMA) est l’aspect du bien-être au travail considéré comme le plus important (score moyen de 7,98 sur 10). Construire et maintenir des relations d’entraide augmentent le bien-être, la motivation et la performance des gens au travail.

Reconnaître les réalisations

L’accomplissement (le A du modèle PERMA) est la dimension ayant recueilli la note la plus basse (score moyen de 6,81 sur 10), c’est donc un domaine où l’on pourrait apporter des améliorations sans trop de difficultés. Evaluer la manière dont l’accomplissement est mesuré et reconnu au niveau organisationnel pourrait être la première étape. Les managers et les employés, quant à eux, peuvent s’appuyer sur des indicateurs de progrès et utiliser la reconnaissance pour aider les individus et les équipes à identifier quand les objectifs ont été atteints ou pour travailler sur ce qui freine leur atteinte.

Parlons bien-être !

Commencer à parler du bien-être - et continuer à le faire - est probablement la première chose à faire. Comprendre ce que les gens ressentent aide à trouver des solutions. The Myers-Briggs Company a travaillé avec des organisations pour les aider à bien évaluer le bien-être de leurs employés. Cet état des lieux permet également d’identifier la façon dont les organisations peuvent améliorer le bien-être collectif de leurs employés. Pour améliorer la productivité, la créativité, la profitabilité, la coopération, la fidélité et la santé de leurs employés, cette évaluation doit se faire de façon annuelle. 

Ne manquez pas nos prochains articles sur le sujet, nous y approfondirons le sujet des relations entre bien-être et type, et entre bien-être et culture.

 

Dr. Martin Boult

 

 Dr. Martin Boult, Directeur principal des services professionnels et de la formation internationale, Psychologue chez CPP

 

 

  1. Diener, E. (2000). Subjective wellbeing: The science of happiness and a proposal for a national index. American Psychologist, 55(1), 34–43. doi:10.1037//0003-066X.55.1.34
  2. Seligman, M. (2011). Flourish: A visionary new understanding of happiness and well-being. New York: Free Press.
  3. Steffens, N. K., Haslam, A. S., Schuh, S. C, Jetten, J., & van Dick, R. (2016, July). A meta-analytic review of social identification and health in organizational contexts. Personality and Social Psychology Review, 1–33.
  4. Lyubomirsky, S. (2001). Why are some people happier than others? The role of cognitive and motivational processes in well-being. American Psychologist, 56(3), 239.
     

Posté dans