Les premiers obstacles au développement du Type MBTI

Posté le 26 octobre 2017 par
Betsy Kendall, Directrice des Opérations et Responsable Conseil et Formation, The Myers-Briggs Company

Qu'est-ce qui, dans notre enfance, peut perturber le développement normal du Type MBTI ?

Dans leurs écrits, Carl Jung et Isabel Myers décrivent tous deux le développement du Type comme notre but ultime. Cela consiste à être capable d’utiliser toutes les fonctions dont nous disposons de manière appropriée pour une tâche donnée. Bien que nos préférences sont le socle de notre stabilité et identité, nous devons également développer nos non-préférences au service d’une tâche – non seulement pour éviter que nos habitudes deviennent une réponse par défaut, mais aussi pour utiliser de façon compétente la préférence la mieux adaptée.

Obstacles au développement du Type | blog OPP

Ceci étant, Carl Jung a également proposé un modèle de développement hypothétique selon lequel l’individuation (ou l’atteinte de la complétude) est guidée par notre Type telle une boussole. Lors de la première partie de notre vie, nos principaux objectifs sont censés être atteints grâce au développement conscient de nos fonctions mentales dominantes et auxiliaires. C’est ainsi que nous parvenons à embrasser les préférences naturelles de notre Type. Ces fonctions centrales nous permettent d’utiliser l’introversion ou l’extraversion de façon appropriée, tout en étant capable de recueillir des informations et de prendre des décisions selon les critères fondamentaux. Une fois que l’on maîtrise cela, la seconde partie de notre développement sera dédiée, selon la théorie de Jung, à encourager un emploi plus délibéré des fonctions et des préférences négligées précédemment. Dans la plupart des cas, si le Type se développe comme il se doit, cela revient à intégrer nos fonctions tertiaires et inférieures.

En d’autres termes, le développement du Type correspond à la consolidation de la fondation avant tout. Toutefois, si le développement du Type repose sur la supposition que les première et deuxième fonctions sont capitales pour le développement du Type sur la durée, l’environnement joue également un rôle central tôt chez l’enfant et va influencer la conscience et le développement de son Type.

Carl Jung et Isabel Myers insistaient sur l’importance de l’environnement dans l’épanouissement de notre Type. En réalité, Isabel Myers déclarait que le niveau adapté de maturité et de développement du Type d’un individu pouvait être « encouragé ou entravé dès le début » selon si l’environnement de l’enfant contribue à récompenser ou à contraindre son penchant naturel. Pour qu’un Type déploie son potentiel au maximum – et un individu devienne mature et compétent dans toutes les fonctions – il faut commencer par connaître son Type naturel, l’utiliser avec confiance pour bâtir son identité sur ce socle important. Lorsque ce n’est pas le cas, cela peut être vécu comme de la confusion quant à son propre Type ou comme une tendance à utiliser des comportements relatifs aux non-préférences de manière inadaptée. Dans son ouvrage « Comprendre les Types de personnalité », Isabel Myers affirme que si le développement se fait dans la direction naturelle, cela apporte non seulement de l’efficacité mais aussi de la satisfaction et de la stabilité émotionnelle.

Les premiers obstacles au développement du Type MBTI

Quels sont donc les obstacles possibles au développement du Type ?
Qu’est-ce qui peut bien empêcher un enfant d’identifier, d’explorer et d’utiliser avec compétence ses propres préférences ? Prendre conscience de certains des obstacles possibles peut nous aider à mieux comprendre les autres et nous-mêmes, et à réduire la confusion entre son propre Type et des préférences étouffées ou sous-développées.

Pressions environnementales

Lorsque les capacités naturelles d’un enfant rentrent en conflit avec son environnement ou sa culture, cela le force à se « rabattre » sur le processus ou l’attitude non-naturels. Il en résulte souvent une « distorsion » du Type qui peut éloigner une personne de son moi véritable et en faire une « copie » incomplète et frustrée de quelqu’un d’autre. Comme le dit Jung, « une inversion du Type s’avère souvent extrêmement nocive pour le bien-être physiologique de l’individu et peut provoquer un état aigu d’épuisement ». La pression environnementale peut venir de plusieurs sources, qu’il s’agisse d’attentes parentales (qui témoignent d’un manque d’acceptation à la maison) ou encore d’attentes venant du milieu scolaire, de la société, de la culture ou d’un pays. Il est vrai qu’un enfant ira souvent chercher des refuges où il pourra utiliser son moi naturel. Cependant, s’il n’en trouve pas, on ne verra qu’une expression réprimée ou étouffée de sa personnalité.

Manque de confiance en son propre Type

Les Types les moins fréquents (faiblement représentés dans la population générale) peuvent percevoir leur rareté comme un obstacle au développement. Par exemple, un INFJ (1,5 % de la population) peut se sentir isolé du fait que seulement un individu sur 16 possède ces préférences. Leur rareté peut devenir particulièrement évidente pour un enfant au cours de ses années d’éducation à l’école primaire et secondaire, lorsqu’il recherche la reconnaissance des autres tout en construisant son identité. La différence étant souvent perçue au travers des feedbacks d’infériorité reçus, un enfant peut finir par ne plus faire confiance à ses préférences et ne pas les utiliser ; il ne les développera donc pas suffisamment pour en tirer parti. Si ce phénomène se répète, ces individus airaient peu d’occasions de restaurer leur confiance en leurs préférences.

Manque d’acceptation à la maison

Si les parents comprennent et acceptent le Type d’un enfant, l’enfant aura alors une place où il pourra être lui-même. En revanche, si les enfants sentent que leurs parents aimeraient qu’ils soient différents et se comportent d’une manière différente de leur Type, ils auront tendance à perdre confiance. Mais si les parents en savent assez pour comprendre les signaux qu’ils observent, tout en encourageant l’enfant à utiliser l’introversion et l’extraversion de façon appropriée, alors même les Types les moins fréquents s’épanouiront. Il existe un excellent livre qui aborde ce phénomène et donne aux parents de véritables conseils pour cultiver les préférences naturelles de leurs enfants : « Do what you Are » de Tieger and Tieger. À noter : bien que les enfants soient plus sensibles, les adultes peuvent également être confrontés à un manque de confiance en leur Type si un proche ne comprend pas, n’accepte pas ou ne renforce pas leur nature.

Manque d’occasions

Parfois le simple fait de manquer d’occasions pour utiliser son style naturel peut entraver le développement. Sans le savoir, l’environnement d’un enfant et les personnes qui le composent (parents, enseignants, etc.) peuvent ne pas offrir les conditions nécessaires au bon développement de son Type : par exemple, manque de tranquillité ou d’espace personnel pour une personne de préférence introvertie, non-implication par les autres dans leurs activités d’une personne de préférence extravertie, style d’apprentissage basé sur les concepts et les mots pour un enfant de préférence Sensation, et ainsi de suite. S’il n’y a pas la possibilité de pratiquer, les préférences naturelles deviendront plus sommaires et incertaines.

Manque de stimulation

Un manque de stimulation peut faire obstacle au développement du Type. La croissance est un processus qui demande des efforts et certains enfants peuvent ne pas les faire pour développer leurs fonctions préférées de perception OU de jugement, si on ne les stimule pas. Lorsqu’ils commencent à comprendre l’importance de développer leurs compétences, les enfants s’appuient sur leurs meilleures fonctions de perception ou de jugement pour avancer, dit autrement ils perfectionnent ces fonctions. Rien de cela ne se produit si les enfants n’ont pas une bonne raison ou une motivation de bien faire quelque chose. Cela implique de la stimulation et de la reconnaissance.

Explorer les premières influences

Si vous explorez le Type et son développement avec un client (ce n’est pas obligatoire avec tous les clients, bien sûr), les questions suivantes pourraient être utiles pour aborder le sujet des premières influences :

1. Qu’est-ce qui, dans votre Type, a été encouragé de bonne heure ?
2. Qu’est-ce qui peut avoir été découragé, le cas échéant ?
3. Où vous voyez-vous dans le chemin de développement – première partie de vie, moitié de vie, dernière phase de développement des fonctions ?
4. Existe-t-il ici des opportunités de développement ?

 

 

 

Betsy Kendall, Directrice des Opérations et Responsable Conseil et Formation, The Myers-Briggs Company.

 

Ce post et les citations qu’il contient, sont inspirés de l’ouvrage d’Isabel Myers « Comprendre les Types de personnalité » et a été posté pour la première fois par Psychometrics Canada.

 

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